Réalisateur
Jean-Pierre Melville
1917 – 1973 · Paris · 13 longs métrages
Né Jean-Pierre Grumbach, il prend le nom de Melville en hommage à l’auteur de Moby Dick. Résistant pendant la guerre, il fonde ses propres studios rue Jenner pour tourner en dehors du système. Père spirituel de la Nouvelle Vague — Godard lui offre un rôle dans À bout de souffle — il invente un polar français abstrait, silencieux, ritualisé, qui influencera Woo, Jarmusch et Refn.
« Je suis incapable de faire du cinéma vérité. Je m’efforce de faire du faux avec du vrai. »
Style visuel
—Palette désaturée, gris-bleu et beige — presque du noir et blanc en couleur
—Longs silences : l’action passe par le geste, pas le dialogue
—Trench-coat, chapeau, voiture américaine : une mythologie codifiée
—Décors dépouillés, quasi abstraits, reconstruits en studio
—Précision documentaire des procédures : filatures, casses, alibis
Collaborations récurrentes
Henri Decaë (photo)
Alain Delon
Lino Ventura
Jean-Paul Belmondo
François de Roubaix (musique)
Influences
Le film noir américain des années 40 (Wyler, Huston), le code bushido, John Huston pour la précision du casse — et en retour, une influence revendiquée sur John Woo (The Killer), Jim Jarmusch (Ghost Dog) et Nicolas Winding Refn (Drive).
Filmographie sélective